
Article de Vosges Matin paru dans l’édition papier du mardi 1er octobre 2024.
“Les Demoiselles de Rochefort, c’est un film de rêve !” : Frédéric Lévy dévoile le programme du festival “Révisons nos classiques” à Vittel
Propos recueillis par Yannick Antoine | 1er octobre 2024 | Vosges Matin
Du 11 au 13 octobre, l’espace Alhambra va accueillir la quatrième édition du festival « Révisons nos classiques », qui mêle projections de films classiques et rencontre avec les descendants des ceux qui les ont confectionnés. Le programme avec son fondateur, Frédéric Lévy.

Frédéric Lévy, quel est le programme de votre festival « Révisons nos classiques » ?
C’est un programme très riche qui introduit certains nouveaux genres cinématographiques, dont la comédie musicale, avec le privilège de pouvoir projeter Les Demoiselles de Rochefort présenté par Benjamin Legrand, le fils de Michel. C’est vraiment une première. On vient de montrer la bande-annonce et les gens étaient accrochés. Tout est magique : Deneuve, Dorléac, la musique, Gene Kelly, Jacques Perrin trop peroxydé en blond, les décors extraordinaires, Jacques Demy, Legrand… Tout est magique dans ce film. On se laisse emporter complètement. C’est un film de rêve. C’est ça, le cinéma. C’est pouvoir rêver !
La particularité est que vous aurez une invitée un peu particulière…
Oui, Danièle Gilbert sera là pendant trois jours, d’abord parce que c’est une amie et secondement, parce qu’elle est la seule présentatrice de télévision à avoir fait pendant quinze ans le festival de Cannes et c’est la seule présentatrice qui a pu interviewer Tennessee Williams.
Et sûrement la totalité des acteurs de ce film…
Oui. Non seulement il y a des acteurs mythiques dans Les Demoiselles de Rochefort. Mais quand Demy a mis en place son projet, il devait appeler ça Boubou. Boubou, qui est le petit frère de Catherine Deneuve. Le rêve de Demy et, puisque ce sont ses 90 ans, on peut le dire, Brigitte Bardot avait accepté de faire le film. Elle était totalement d’accord. Demy lui avait proposé de faire le film avec Audrey Hepburn et Demy voulait absolument Brigitte, parce qu’elle dansait, elle chantait, elle jouait la comédie… C’était une actrice qui n’était même pas à doubler, alors que toutes les voix du film le sont. La difficulté du film est que Demy a voulu trouver des doublures voix qui soient dans la même tessiture que ses comédiennes. Alors, il s’était dit que, comme Gene Kelly parlait français et qu’il a été enregistré en son direct, ce serait une facilité, s’il avait Brigitte Bardot qui pouvait jouer le rôle de Solange. En plus, ça ouvrait à l’international, parce qu’il ne faut pas oublier que, si le film a eu un très bon démarrage en France, en revanche, c’est la version anglaise qui a été tournée en simultané qui a fait exploser le film partout et qui a été funeste à Françoise Dorléac. Parce que le jour où elle est partie de Nice pour aller le soir même à la première du film à Londres, elle s’est tuée sur l’autoroute. C’était son avant-dernier film.
D’autres films vont être projetés…
Oui. En ouverture, il y aura Les Vieux de la vieille. Ça fait 40 ans que tout le monde voit le film. Il n’était plus projetable, parce que les copies étaient au mauvais état. Cette fois-ci, la Gaumont l’a restauré. On va pouvoir présenter en exclusivité une version toute neuve. C’est un film extraordinaire et c’est la dernière fois que Pierre Fresnay joue à l’écran. Il arrête après le film.
Ce n’est pas tout…
En effet, on a Les Barbouzes en clôture. Un film qui a été popularisé par la télévision comme Les Tontons flingueurs, parce qu’on ne prenait pas ça au sérieux. Mais c’est la quintessence des rôles du cinéma français. Il y a Lino Ventura, Mireille Darc, Francis Blanche… Il y a tout le monde. C’est une histoire d’espions au second degré. On n’y croit pas du tout. Mais ce qu’il y a de plus fantastique dans le film, ce sont les tirs au silencieux et puis, Mireille Darc, l’égérie du cinéma français. C’est un plaisir de retrouver ce film mythique sur grand écran.
Il reste deux films…
Il y a Le Dos au mur. C’est un magnifique film avec Gérard Oury et Jeanne Moreau. On va la revoir. Je suis très content et enfin Le Jour et l’heure de René Clément avec Simone Signoret, Michel Piccoli et Paul Whitman. Il a été très peu vu, parce qu’il est sorti juste après Plein soleil et il a été écrasé par sa popularité. Mais c’est un film merveilleux. En plus, ces deux films ont été choisis pour compléter les festivités des 80 ans de la Libération, parce qu’ils se passent durant la guerre. La mission du festival est d’avoir des films populaires dans lesquels les gens peuvent se retrouver, mais également de pouvoir redécouvrir des pépites qui ne sortent jamais des rayons de chez Gaumont et l’intérêt du festival, ce n’est pas de venir pendant un week-end voir des films anciens, mais qu’on retrouve à cette occasion le plaisir du grand écran et que toute l’année, on fréquente nos salles de cinéma qui en ont besoin.



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