Propos recueillis par Yannick Antoine | 13 octobre 2024 | Vosges Matin
Vittel : « Je suis toujours ému, quand je parle de Robert Hossein », confie David Bolling, le fils de Claude, le compositeur
À l’occasion du festival Révisons nos classiques , David Bolling, le fils de Claude, le jazzman qui a tant travaillé pour le cinéma, était présent pour la projection du Jour et l’heure , le huitième film dont il a composé la bande originale. L’occasion de se rappeler quelques souvenirs et d’évoquer Robert Hossein.

Robert Hossein
« Ma mère me l’a présenté. J’ai travaillé avec lui sur Jules César en tant qu’assistant stagiaire. Après, je l’ai retrouvé. J’étais dans la salle et je devais faire réagir le public. J’étais acteur de complément. J’ai travaillé deux fois avec lui et je l’avais rencontré plusieurs fois. C’est quelqu’un qui m’a encouragé dans ce que je voulais faire et c’était un ami de mes parents. Je suis toujours très ému, quand je parle de lui. C’était quelqu’un d’assez exceptionnel. On travaille une fois avec une personne comme ça. Il n’y en a pas d’autres. Ça n’existe plus. Il y avait une fraternité vraie chez lui et les gens qui ont travaillé chez Robert , il y a toujours quelque chose qui nous unit, même si on ne se connaît pas. »
Borsalino
« Alain Delon et Jacques Deray ne savaient pas ce qu’ils allaient mettre dans leur film, s’ils allaient mettre une musique existante ou autre chose. Quelqu’un leur a dit : “Allez voir Bolling. Il va vous faire du faux vieux. Ça va être formidable. Il saura faire ça !” Donc ils y sont allés. Mon père leur fait écouter des petits morceaux et à un moment, il a sorti une bande et Delon a dit : “ C’est ça, Borsalino !” Mon père a répondu que ça ne pouvait pas, parce que ça sortait quinze jours plus tard en 45 tours. Alain a dit : “C’est ça et pas autre chose !” Quand Alain disait quelque chose, on ne discutait plus. Deray a dit pareil. Donc la musique a été réarrangée pour devenir la musique de Borsalino, qui a fait le tour du monde et qui a représenté Delon et Belmondo partout, dans le monde entier. Papa a fait une centaine de musiques de film plus le jazz, la variété, les Parisiennes… »

Brigitte Bardot
« Mon père m’a expliqué que, avec Brigitte Bardot , tout part d’une soirée à la Madrague. Ça rigolait et à un moment, quelqu’un dit : “Tiens, Brigitte, tu as fait du cinéma, du théâtre, de la danse. Mais tu n’as pas jamais chanté. Il faudrait que tu chantes !” Elle a répondu : “Non, je ne sais pas chanter ! Si je chante, c’est Claude qui m’apprend à le faire.” Elle ne savait pas ce qu’elle avait dit ! Papa l’a fait trimer et elle a fini par bien chanter. Donc ils ont fait un premier show. Pour le deuxième, elle a eu le choix entre mon père et Gainsbourg et c’est Gainsbourg qui a gagné les choses. »



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