Propos recueillis par Yannick Antoine | 12 octobre 2024 | Vosges Matin
Révisons nos classiques à Vittel : « C’est un nouveau style musical dans un film original », estime Benjamin Legrand
Ce samedi après-midi, le festival Révisons nos classiques s’est prolongé par la projection des Demoiselles de Rochefort. Une comédie musicale de Jacques Demy dont la partition a été composée par Michel Legrand. Tout un univers qui a été présenté par le fils de ce dernier, Benjamin.

Benjamin Legrand, que représentent pour vous Les Demoiselles de Rochefort ?
« J’ai assisté au tournage. J’avais 5 ans. Mon père possédait une caméra 16 mm et il s’amusait à filmer le tournage. Donc j’ai des images de moi sur la place Colbert, lorsque Catherine Deneuve et François Dorléac chantent et dansent. Je suis sur la place avec les sœurs Garnier et j’ai quelques images en tête de ce film. Mais Jacques Demy fait partie de ma famille à tel point que, après Peau d’âne , il préparait un film avec à nouveau Catherine Deneuve et, cette fois, Marcello Mastroianni qui s’intitulait L’Évènement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune. C’était l’histoire d’un homme enceint, qui attend un enfant. C’était un film drôle. Jacques m’a demandé d’être le premier enfant du couple. Donc j’avais 11 ans et j’ai fait le tournage pendant un mois et demi. Avec Jacques, Agnès Varda, on était toute une famille. Donc c’est toujours émouvant pour moi de revoir ces films, parce que c’est toute une époque de famille, de partage, de vacances entre enfants. »
En quoi Les Demoiselles de Rochefort importaient-elles pour votre père ?
« C’est une des plus belles partitions de sa vie ! C’est tout ce qu’il a fait avec Jacques Demy et quand même, grâce aux Parapluies de Cherbourg , ils se sont vraiment lancés tous les deux. C’était aussi un nouveau style musical dans un film original, dans une forme originale de tournage. C’était du nouveau cinéma. Donc sa rencontre avec Jacques Demy a été l’une des plus importantes de sa vie. »

Est-ce un film plus abouti esthétiquement que Les Parapluies de Cherbourg ?
« Non, parce que ce n’était pas la même chose. Les Parapluies , ça a eu tellement de récompenses, la palme d’or à Cannes… Mais c’était la continuité de ce qu’ils étaient en train de faire et de développer. Chaque film était différent. Mais c’était aussi le plaisir de retrouver Jacques et de travailler avec lui. »
N’a-t-il pas regretté de ne pas avoir travaillé sur Une Chambre en ville ?
« Ça a été sa décision. Je crois qu’il n’aimait pas tellement le scénario. Ce n’était pas son monde à lui. Mais il a fait la musique de Parking et de Trois places pour le 26. Peut-être qu’ Une Chambre en ville , il ne le sentait pas. Donc quand c’est le cas, vous ne savez pas quoi faire comme musique. Il a préféré peut-être s’en détourner pour revenir avec Jacques plus loin pour faire d’autres choses. »
Vous invite-t-on souvent pour présenter le travail de votre père ?
« En ce moment, oui ! D’abord, je ne pensais jamais faire ça. De son vivant, je ne l’ai jamais fait. Mais c’est le cas depuis qu’il y a la ressortie des films et puis, il y a celui qui lui est consacré, Il était une fois Michel Legrand réalisé par Hervé Hertzog Dessites, qui va être sur tous les écrans de France à partir du 4 décembre. En ce moment, je fais beaucoup d’avant-premières. J’ai déjà fait la montée des marches, puisque le film a été sélectionné au festival, et la semaine dernière, on a refait une projection, puisque le réalisateur est un Cannois de naissance. Donc le maire lui a proposé de refaire une séance pour les spectateurs cannois. »
Votre fils s’appelle Maxence. Est-ce une référence au personnage de Jacques Perrin dans Les Demoiselles de Rochefort ?
« Un petit peu. C’est un prénom que j’aime et c’est un clin d’œil aux Demoiselles de Rochefort. En plus, comme ma femme adore aussi cet univers, elle avait très envie d’appeler notre fils Maxence. »



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